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Kiss

"Kiss", objet en papier. Pas vraiment un livre, pas vraiment une frise. Petite comptine amoureuse en anglais illustrée. "Kiss me once Kiss me twice Just for the taste Give me a piece of lipsJust for the taste"
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Coze magazine

Couverture du Coze magazine d'octobre 2016.
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La moustache

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LA MOUSTACHE  C'est un lundi gris. Je mets un pas à l'extérieur, en évitant soigneusement les défections de ce chien, toujours le même j'imagine, qui a le don de « s'oublier » devant l’entrée de l’immeuble. Je porte ma robe bleue marine, j'aime bien la porter, elle est douce. Les rues sont vides, encore légèrement obscures. La ville a cette couleur palôtte des matins d'hiver très froids. Étrangement un léger vent chaud caresse mon visage. Un vent à l'odeur de printemps... Je fantasme le chant des oiseaux. Ça défile au rythme de ma marche, le vendeur de tapis, la grande porte en bois, Docteur Loustic (son nom me tire un rictus à chaque passage), l'enseigne de pizzas, le feu, attendre, traverser la rue, trois, quatre, cinq pas, j'y suis. Il y a toujours cet homme, assis sur son tabouret. Bonnet gris, joues rouges, moustache. Je suis rassurée de le voir là, quand il est absent deux jours, je m'inquiète, j'espère qu'il va bien. On ne se parle pas, c'est très cordiale, on se sourit. Parfois il m'aide à savoir où j'ai déposé mon vélo. Ces jours où ma tête est vide et pleine à la fois. Il ne me dit rien, il tend juste son doigt en direction de mon deux roues. Quand je suis malade, il me dit, enfin je suppose qu'il me dit, « Va te mettre au chaud ». Je suppose, parce qu’en fait, le dialogue n'est pas évident entre nous. Un jour il m'a dit quelque chose, je n'ai pas compris, il a un fort accent, et semble parler très peu français. Quel pays ? Je ne sais pas, quelque part à l'est. Après ce jour, on a décidé d'en rester là ; sourires et gestes. C'est bien. Je rentre. Ça sent bon. Je n'arrive toujours pas à savoir si je les aime bien. Rapides, nombreuses, elles rient entre elles. « Bonjour, s'il vous plaît ? » « ça sera tout ? » « 2,15€ » « Merci, au revoir » La politesse, politesse de base. L'automatisme, sans vraiment me croiser du regard, me dire au revoir alors que je suis encore là. C'est sûr, je ne les aimes pas tellement. Je sors, il est là. Pas d'échanges monétaires entre nous. Jamais. Je ne sais pas, j'ai peur que ça entache notre relation. Je l'aime comme ça notre relation, gratuite. On se dit bonne journée, il a un sourire apaisant et sincère. Comme s’il veillait sur moi. Je pars, je suis légère. La journée débute. Ça s'agite un peu. Le bus, marche, la voiture, les voitures, marche, marche, marche, les enfants à bicyclettes qui suivent leurs parents comme des cannetons, sonnette, le feu est rouge, stop. C'est bon, sautiller de ligne en ligne, marcher sur une feuille sèche, apprécier le bruit, chercher une autre feuille,les pizzas, Docteur Loustic, la grande porte, le vendeur de tapis. Il s'installe, lui aussi il a une moustache, lui aussi il me sourit sincèrement et me souhaite bonne journée. La moustache ? Ça serait ça le secret ? homme-02
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Menstruations

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